Il Cuore Verginale di Maria

Jean Daniélou, 1939

Lettura di un brano tratto dal Diario di Jean Daniélou…

Chiostro della cattedrale di Pisa

Alcune frasi rilevanti:

  • “La purezza è fedeltà ad un unico amore”
  • “è ignoranza di ciò che non vale la pena di conoscere”
  • “Il vero amore è come la melagrana che protegge con una dura scorza la soavità del suo frutto”.

Qualche anno fa ho registrato la lettura di questa bellissima meditazione sulla Madonna. Molto adatta per il Sabato Santo, nel quale accompagniamo Maria nella sua solitudine. Per accedere al video di youtube clicca qui

Ecco il testo in francese:

Le cœur virginal. La pureté est absence de souillure ; mais un idéal négatif ne suffirait pas : ce serait avant tout préservation, refus, crainte et ignorance. Aussi est-ce bien autre chose : c’est la fidélité à un unique amour. Tel est le cœur de Marie : dès le début charmée, seduîte par Dieu et qui toujours lui reste fidèle : Dilectus meus mihi et ego illi. Ainsi la pureté a bien un aspect austère, mais c’est qu’elle est une fidélité : c’est un amour inflexible : fortis est sicut mors dilectio; c’est une impossibilité d’être infidèle à l’amour, qui rend l’âme étrangère à tout ce qui n ’est pas son amour, qui la sépare, la concentre, la recueille, la rassemble dans une intimité où elle trouve tout dans celui qui est son tout. C ’est une ignorance de tout le reste, mais non l’ignorance qui ne sait ce qu’elle ignore, mais l’ignorance qui veut ignorer ce qui ne vaut pas la peine d’être connu. Mais n ’est-ce pas étrange de dire que l’amour est dur, inflexible, ne nous apparaît-il pas avant tout douceur et tendresse ? Il y a une douceur dans l’amour : Marie connaît cette douceur et c’est la suavité de son intimité avec Dieu ; mais c’est justement parce qu’elle possède ce trésor qu’elle est forte et prête à tout pour le défendre. Le vrai amour est comme la grenade qui protège d ’une dure écorce la suavité de son fruit. Ainsi est le cœur virginal : non qui n ’aime pas, mais qui se garde pour un unique amour ; non qui se refuse, mais qui se préserve et qui se possède pour se donner. Les cœurs vraiment aimants sont les cœurs purs. Le mal ne peut jamais que diminuer en nous l’amour. Mais cependant, est-ce que cet amour exclusif, virginal de Dieu ne sépare pas l’âme des autres ? Ici encore aucunement. Mais elle ne la sépare que du mal. L’amour de Dieu et l’amour des autres, loin de s’opposer, ne font qu’un ; l’amour exclusif de Dieu introduit dans la communauté des amis de Dieu, elle dilate le cœur loin de le resserrer, elle le libère de ses limites. Et dans cette infiniment délicate formation du cœur, elle ne détruit rien; elle laisse subsister la nuance propre de toutes les amours naturelles légitimes ; mais elle les purifie de leurs limites, de ce qui les ferme, les clôt; elle les fait communiquer ensemble et avec l’amour de Dieu. Et ce n ’est que pendant les étapes préparatoires que l’âme pour trouver Dieu doit rompre et briser. Ensuite, fixée en Dieu, elle retrouve en Lui tous les autres. Vision de la Vierge écrasant le serpent. C’est l’innocence qui sait et c’est l’expérience qui ignore. Elle adhère à Dieu : Unus spiritus est. Sainte, consacrée, toute à Dieu.

J. Daniélou, Carnets spirituels, Cerf, Paris 1993, pp. 180-181.