L’apparizione a Maria Maddalena

Dai Carnets Spirituels di Jean Daniélou (italiano e francese)

L’apparizione a Maria Maddalena: qui appare sempre uguale, insolentemente indifferente a tutto ciò che non è Gesù. Che cosa le fanno Pietro, gli angeli e il giardiniere? Le interessano solo nella misura in cui possono aiutarla a trovare Gesù. Non si ferma a loro, supera tutti gli ostacoli, ignora tutto ciò che non è Gesù e non vuole conoscerlo: Num quem diligit anima mea vidistis? Così dobbiamo andare, evitando tutti gli ostacoli, non fermandoci a nessun maestro umano, avendo una sola domanda: Dove hanno messo il mio Signore? Cercandoti, o Gesù, senza sosta, senza mai rassegnarmi a rimanere dove sono, cercandoti sempre di più, finché non ti abbia trovato; camminando nella fede pura, sostenuta dalla tua parola; non lasciandomi scoraggiare da nessuna difficoltà, perché l’amore non conosce difficoltà; facendo buon uso delle mie forze, della mia reputazione, del mio tempo: si dederit homo omnem substantiam domus suae pro dilectione, quasi nihil despiciet eam. Quindi, Gesù, tu riempi l’universo per me, sei il mio universo. Deve bastare che io sappia che qualcosa ti piace perché io cerchi di dartela; che io mi applichi alle virtù che tu vuoi, alle opere che tu vuoi; che io cerchi soprattutto di darti le anime, perché nulla ti è più gradito; che io sia libero rispetto a tutto e a me stesso, indifferente a ciò che si dice e si pensa, ignaro di dove sono, non sapendo più cosa voglio, cercando solo te, volendo solo ciò che tu vuoi. Fa’ che non mi preoccupi soprattutto di me stesso, Gesù; i miei interessi sono nelle tue mani, sono più sicuri lì che nelle mie; così sono tanto più libero di preoccuparmi solo di te. E tu ti mostrerai a me. All’inizio non ti ho riconosciuto perché cercavo un uomo morto. Il cristianesimo era per me una saggezza che mi aveva sedotto. Ma se fosse solo questo, questa saggezza potrebbe essere paragonata ad altre che potrebbero essere preferite ad essa. Non è questo il punto. È la realtà. Il cristianesimo è che tu sei risorto e vivo e noi siamo con te, che il cielo è aperto e che la strada per arrivarci passa attraverso la croce. Ed è per questo che la sapienza del Vangelo è l’unica sapienza, perché tu sei l’unica via che conduce gli uomini alla vita (p. 325-326).

Testo in francese

L’apparition à Marie-Madeleine : elle apparaît ici toujours la même, insolemment indifférente à tout ce qui n’est pas Jésus. Que lui font et Pierre et les Anges, et le jardinier même : ils ne l’intéressent que dans la mesure où ils peuvent l’aider à trouver Jésus. Elle ne s’arrête pas à eux, elle dépasse tous les obstacles, elle ignore tout ce qui n’est pas Jésus et ne veut pas le connaître : Num quem diligit anima mea uidistis ? Ainsi nous faut-il aller, évitant tous les obstacles, ne nous arrêtant à aucun maître humain, n’ayant jamais qu’une question : Où ont-ils mis mon Seigneur ? Vous cherchant, ô Jésus, sans relâche, ne me résignant jamais à rester où je suis, vous cherchant toujours plus loin, jusqu’à ce que je vous aie trouvé ; marchant dans la pure foi , appuyé sur votre parole ; ne me laissant rebuter par aucune difficulté, car l’amour ne connaît pas de difficulté ; faisant bon marché de mes forces, de ma réputation, de mon temps : si dederit homo omnem substantiam domus suae pro dilectione, quasi nihil despiciet eam. Ainsi, Jésus, vous remplissez pour moi l’univers, vous êtes mon univers. Il doit suffire que je sache qu’une chose vous contente pour que je cherche à vous la donner : que je m’applique ainsi aux vertus que vous voulez, aux travaux que vous voulez ; que je cherche surtout à vous donner des âmes, parce que rien ne vous est plus agréable ; que je sois libre à l’égard de tout et de moi-même, indifférent à ce qu’on dit et à ce qu’on pense, ignorant où je suis, ne sachant plus ce que je veux, ne cherchant que vous, ne voulant que ce que vous voulez. Que je ne m’occupe plus de moi surtout, Jésus ; mes intérêts sont entre vos mains, ils y sont plus en sûreté que dans les miennes ; ainsi suis-je d’autant plus libre pour ne m’occuper que de vous. Et vous vous montrerez à moi. D’abord je ne vous ai pas reconnu parce que je cherchais un mort. Le christianisme était pour moi une sagesse qui m’avait séduit. Mais s’il n’était que cela, cette sagesse pourrait être comparée à d’autres qu’on pourrait lui préférer. La question n’est pas là. Il est la réalité. Le christianisme, c’est que vous êtes ressuscité et vivant et nous avec vous, c’est que le ciel est ouvert, et que la voie qui y conduit est celle de la croix. Et c’est pourquoi la sagesse de l’Évangile est la seule, parce que vous êtes la seule voie qui conduise les hommes à la vie. (p. 325-326)

Gesù risorto, tu sei il mio universo

(L’apparizione a Maria Maddalena)

Meditazione di Jean Daniélou tratto dai suoi Carnets Spirituels (in italiano e in francese)

Empty Tomb With Shroud And Crucifixion At Sunrise – Risen Resurrection

L’apparizione a Maria Maddalena: qui appare sempre la stessa, insolentemente indifferente a tutto ciò che non è Gesù. Che cosa le fanno Pietro, gli angeli e il giardiniere? Le interessano solo nella misura in cui possono aiutarla a trovare Gesù. Lei non si ferma davanti a loro, supera tutti gli ostacoli, ignora tutto ciò che non è Gesù e non vuole conoscerlo: Num quem diligit anima mea vidistis? Così dobbiamo andare, evitando tutti gli ostacoli, non fermandoci a nessun maestro umano, avendo una sola domanda: Dove hanno messo il mio Signore? Cercandoti, o Gesù, senza sosta, senza mai rassegnarmi a rimanere dove sono, cercandoti sempre di più, finché non ti avrò trovato; camminando nella fede pura, appoggiandomi alla tua parola; non lasciandomi scoraggiare da nessuna difficoltà, perché l’amore non conosce difficoltà; facendo buon uso delle mie forze, della mia reputazione, del mio tempo: si dederit homo omnem substantiam domus suae pro dilectione, quasi nihil despiciet eam. Quindi, Gesù, tu riempi l’universo per me, sei il mio universo. Deve bastare che io sappia che qualcosa ti piace perché io cerchi di dartela; che io mi applichi alle virtù che tu vuoi, alle opere che tu vuoi; che io cerchi soprattutto di darti le anime, perché nulla ti è più gradito; che io sia libero rispetto a tutto e a me stesso, indifferente a ciò che si dice e si pensa, ignaro di dove sono, non sapendo più cosa voglio, cercando solo te, volendo solo ciò che tu vuoi. Fa’ che non mi preoccupi soprattutto di me stesso, Gesù; i miei interessi sono nelle tue mani, sono più sicuri lì che nelle mie; così sono tanto più libero di preoccuparmi solo di te. E tu ti mostrerai a me. All’inizio non ti ho riconosciuto perché cercavo un uomo morto. Il cristianesimo era per me una saggezza che mi aveva sedotto. Ma se fosse solo questo, questa saggezza potrebbe essere paragonata ad altre che potrebbero essere preferite ad essa. Non è questo il punto. È la realtà. Il cristianesimo è che tu sei risorto e vivo e noi siamo con te, che il cielo è aperto e che la via per arrivarci è la croce. Ed è per questo che la sapienza del Vangelo è l’unica sapienza, perché tu sei l’unica via che conduce gli uomini alla vita (p. 325-326).

Il testo in francese:

L’apparition à Marie-Madeleine : elle apparaît ici toujours la même, insolemment indifférente à tout ce qui n’est pas Jésus. Que lui font et Pierre et les Anges, et le jardinier même : ils ne l’intéressent que dans la mesure où ils peuvent l’aider à trouver Jésus. Elle ne s’arrête pas à eux, elle dépasse tous les obstacles, elle ignore tout ce qui n’est pas Jésus et ne veut pas le connaître : Num quem diligit anima mea uidistis ? Ainsi nous faut-il aller, évitant tous les obstacles, ne nous arrêtant à aucun maître humain, n’ayant jamais qu’une question : Où ont-ils mis mon Seigneur ? Vous cherchant, ô Jésus, sans relâche, ne me résignant jamais à rester où je suis, vous cherchant toujours plus loin, jusqu’à ce que je vous aie trouvé ; marchant dans la pure foi , appuyé sur votre parole ; ne me laissant rebuter par aucune difficulté, car l’amour ne connaît pas de difficulté ; faisant bon marché de mes forces, de ma réputation, de mon temps : si dederit homo omnem substantiam domus suae pro dilectione, quasi nihil despiciet eam. Ainsi, Jésus, vous remplissez pour moi l’univers, vous êtes mon univers. Il doit suffire que je sache qu’une chose vous contente pour que je cherche à vous la donner : que je m’applique ainsi aux vertus que vous voulez, aux travaux que vous voulez ; que je cherche surtout à vous donner des âmes, parce que rien ne vous est plus agréable ; que je sois libre à l’égard de tout et de moi-même, indifférent à ce qu’on dit et à ce qu’on pense, ignorant où je suis, ne sachant plus ce que je veux, ne cherchant que vous, ne voulant que ce que vous voulez. Que je ne m’occupe plus de moi surtout, Jésus ; mes intérêts sont entre vos mains, ils y sont plus en sûreté que dans les miennes ; ainsi suis-je d’autant plus libre pour ne m’occuper que de vous. Et vous vous montrerez à moi. D’abord je ne vous ai pas reconnu parce que je cherchais un mort. Le christianisme était pour moi une sagesse qui m’avait séduit. Mais s’il n’était que cela, cette sagesse pourrait être comparée à d’autres qu’on pourrait lui préférer. La question n’est pas là. Il est la réalité. Le christianisme, c’est que vous êtes ressuscité et vivant et nous avec vous, c’est que le ciel est ouvert, et que la voie qui y conduit est celle de la croix. Et c’est pourquoi la sagesse de l’Évangile est la seule, parce que vous êtes la seule voie qui conduise les hommes à la vie. (p. 325-326)