Il Dio dei mistici

Jean Daniélou, in Dieu et nous, 1956 (italiano e francese)

Il Dio nascosto della Rivelazione non si fa conoscere solo attraverso le testimonianze che dà nella sua opera, il cui significato è rivelato dalla teologia speculativa. Si rivela anche direttamente all’anima. È il “Dio sensibile al cuore”, il cui fuoco ha consumato l’anima di Pascal durante la notte evocata nel memoriale. Ma è già questo Dio la cui presenza ha strappato Adamo da sé alla creazione della donna, misteriosa prefigurazione della creazione della Chiesa; è lui che si è manifestato a Mosè nelle tenebre e nel fuoco del Sinai; È il Dio dei santi e non dei teologi; o meglio, è il Dio sia dei teologi che dei santi, ma non solo dei teologi.
Ma i teologi ci spiegano cos’è questa esperienza dei santi. Ci dicono che la Trinità, toccando l’anima con la sua grazia, la eleva al di sopra di sé e la divinizza. La fa partecipare all’amore con cui Dio si ama e alla conoscenza con cui si conosce. A questa tenebra divina, inaccessibile all’uomo carnale, l’uomo spirituale è dotato di nuove disposizioni, di nuovi sensi, che lo connaturano ad essa e gli permettono di penetrarla. Queste nuove disposizioni sono le virtù teologali, i doni dello Spirito Santo, che rendono l’anima, ormai divina, capace di percepire le cose divine. Questo è ciò che l’occhio non ha visto né l’orecchio ha udito e che Dio ha rivelato a coloro che lo amano. E questa testimonianza di chi ha toccato Dio in questo modo è talmente sorprendente da essere, anche per chi non l’ha condivisa, uno dei motivi per credere in Dio.
Questa conoscenza mistica di Dio non è, come quella teologica, il risultato di un’intelligenza discorsiva illuminata dalla fede che cerca di comprendere le verità della Rivelazione. Si differenzia innanzitutto per il suo oggetto, che è la Trinità, come presente all’anima. Questa dimora di Dio nell’anima si colloca nella sequenza dei mirabilia Dei, nel disegno della storia della salvezza, nelle grandi opere della Trinità. Essa costituisce la realizzazione stessa di questo disegno di Dio, la fonte dell’adozione filiale. La conoscenza mistica è un aspetto di questa vita trinitaria. È la realizzazione da parte dell’uomo del suo essere più profondo, di ciò che Dio ha voluto realizzare creandolo: “La gloria di Dio è l’uomo vivente; e la vita dell’uomo è la visione di Dio”, diceva sant’Ireneo. Non si tratta quindi di una realtà eccezionale, ma della realizzazione da parte dell’uomo del suo vero essere.

Originale francese

le Dieu caché de la Révélation ne se fait pas connaître seulement à travers les témoignages qu’il se rend dans son œuvre et dont la théologie spéculative dégage la signification. Il se révèle aussi directement à l’âme. Il est le « Dieu sensible au cœur », dont le feu a consumé l’ame de Pascal durant la nuit qu’évoque le mémorial. Mais c’est déjà ce Dieu dont la présence arrachait Adam à lui-même, lors de la création de la femme, préfiguration mystérieuse de la création de l’Eglise ; c’est lui qui se manifestait à Moïse dans la ténèbre et le feu du Sinaï ; c’est lui dont le poids trop lourd accablait le cœur de Thérèse et de Xavier, de Philippe et de François, de Bernard et de Dominique ; c’est le Dieu des saints et non pas des théologiens ; ou mieux c’est le Dieu à la fois des théologiens et des saints ; mais non pas seulement des théologiens.
Mais les théologiens nous expliquent ce qu’est cette expérience des saints. Ils nous disent que la Trinité, en touchant l’âme de sa grâce, l’élève audessus d’elle-même et la divinise. Elle la fait participer à l’amour dont Dieu s’aime lui-même et à la connaissance dont il se connaît. Cette ténèbre divine, inaccessible à l’homme charnel, l’homme spirituel est doué de dispositions nouvelles, de sens nouveaux, qui le connaturalisent à elle et qui lui permettent d’y pénétrer. Ces dispositions nouvelles sont les vertus théologales, les dons du SaintEsprit, qui rendent l’âme devenue divine apte à percevoir les choses divines. C’est ce que l’œil n’a point vu ni l’oreille entendu et que Dieu a révélé à ceux qui l’aiment. Et ce témoignage de ceux qui ont ainsi touché Dieu porte en lui une évidence si étonnante qu’il est, même pour ceux qui ne l’ont pas partagé, une des raisons de croire en Dieu.
Cette connaissance mystique de Dieu ne relève pas, comme la connaissance théologique, de la démarche de l’intelligence discursive éclairée par la foi et cherchant à comprendre les vérités, de la Révélation. Elle en diffère d’abord dans son objet, qui est la Trinité, en tant que présente à l’âme. Cette demeure de Dieu dans l’âme se situe dans la séquence des mirabilia Del, dans le dessein de l’histoire du salut, dans les grandes œuvres de la Trinité. Elle constitue la réalisation même de ce dessein de Dieu, la source de l’adoption filiale. La connaissance mystique est un aspect de cette vie trinitaire. Elle est la réalisation par l’homme de son être le plus profond, de ce que Dieu a voulu accomplir en le créant : « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant ; et la vie de l’homme, c’est la vision de Dieu », disait saint Irénée. Il ne s’agit donc aucunement d’une réalité exceptionnelle, mais au contraire de la réalisation par l’homme de son être véritable.

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