Jean Daniélou, “La vérité de l’homme”, Études 360 (1961), 13-15 (in italiano e in francese)

Ma dobbiamo andare oltre. Infatti, se ci attenessimo a quanto ho detto finora, la questione che ho posto all’inizio non sarebbe risolta: Dio rimarrebbe da una parte e le nostre attività terrene dall’altra. Invece il problema è se possiamo andare a Dio attraverso le nostre attività terrene. Questa è fondamentalmente l’unica questione. Con questo voglio dire che se si potesse andare a Dio solo al di fuori delle attività terrene, se le attività terrene fossero un ostacolo per andare a Lui, sarebbe una situazione assurda. Dio ci avrebbe fatti per Lui e noi passeremmo la vita a fare cose che ci allontanano da Lui. La creazione sarebbe davvero storta. E in effetti, non è così che spesso ci sembra? Ci sembra che ci sia un’incompatibilità tra le occupazioni che ci assorbono e una vita di unione con Dio. Finché ragioniamo in questo modo, certamente ci sbagliamo. Se c’è una cosa certa è che è nella nostra vita, così come esiste, che dobbiamo trovare Dio.
Il problema è uno solo. Un solo problema. E il problema è questo. Tutte le cose sono destinate a condurci a Dio. In realtà, la maggior parte delle cose ci allontana da Lui. L’unica questione è come far sì che le cose che ci allontanano da Dio diventino i mezzi per condurci a Lui. Questo è il punto centrale. Siamo noi, con il nostro cattivo uso delle cose, a renderle ostacoli tra Lui e noi; e quindi non c’è altro problema che trasformare queste stesse realtà, che sono quelle della nostra vita quotidiana, da ostacoli in mezzi. Tutta la vita spirituale non consiste in nient’altro. Tutto il cammino spirituale va dal momento in cui le cose sono ostacoli al momento in cui sono tornate ad essere mezzi. Ed è allora che le nostre attività temporali, le nostre attività terrene, diventano la materia stessa, si potrebbe dire, dell’esercizio per noi della vita spirituale, dei mezzi, per andare a Dio. In quel momento abbiamo trovato l’unità della nostra vita. Questa giornata, che può essere trascorsa nella più totale banalità, cioè assorbita dall’aspetto puramente umano dei compiti, e che può lasciarmi la sera con una sorta di vuoto spaventoso, dipende da me trasfigurarla con il miracolo del cuore e conferirle una sorta di sostanza incorruttibile.
In questo caso occorre mettere da parte i falsi problemi e i falsi pretesti. Dobbiamo andare oltre il piano delle difficoltà puramente intellettuali. Dobbiamo andare al fondo della questione. Il punto fondamentale è che il nostro essere è in cammino verso Dio e deve sforzarsi di decifrarlo attraverso tutte le cose. Egli è nascosto ovunque nella nostra vita. Siamo noi che non sappiamo come scoprirlo. Penso al beato Pierre Favre, compagno di Sant’Ignazio, che aveva il dono meraviglioso di rendere tutte le cose, come diceva lui, modi di preghiera. “Quando attraversavi montagne, campi, vigne, ti si presentavano modi di preghiera per chiedere l’aumento e il compimento di questi beni. Ringraziavi in nome di coloro che li possedevano e chiedevi perdono per coloro che non sapevano riconoscere questi beni nello spirito”. Queste sono modalità di preghiera per un viaggiatore. Possiamo facilmente lasciare che la nostra mente vaghi qui in cose inutili e vane, rifiutare, riprendere all’infinito questo settimanale di cui avremo finito per leggere fino all’ultima riga di pubblicità e sentire che abbiamo stupidamente occupato il nostro tempo. Il Beato Favre, al contrario, ha fatto di questi paesaggi che si dispiegavano davanti ai suoi occhi tanti modi di pregare.
È a questo sfondo, infine, che si riconducono tutte le cose. Sappiamo bene che le parole e le frasi sono inutili se non raggiungono questo ambito di conversione del cuore e di esperienza interiore. A volte siamo attratti da quegli indù che ci sembrano possedere i segreti di una certa saggezza. Ma perché guardare così lontano, oltre i mari, quando questa saggezza è a portata di mano, quando in fondo dipende solo da noi trovare questa pace. E non in una fuga dai nostri compiti terreni, ma semplicemente in un certo sguardo rinnovato su di essi, mentre li riceviamo da Dio e li portiamo a Lui. Non c’è altro segreto dell’esistenza e questo segreto è vicino a noi.
Testo originale in francese:
Mais il faut que nous aboutissions plus loin encore. Car, si nous nous en tenions à ce que j’ai dit jusqu’ici, la question que je posais au début ne serait pas résolue : Dieu resterait d’un côté et nos activités terrestres de l’autre. Alors que le problème est de savoir si nous pouvons aller à Dieu par nos activités terrestres. Cela est au fond l’unique question. Je veux dire par là que si on ne pouvait aller à Dieu qu’en dehors des activités terrestres, si les activités terrestres étaient un obstacle pour aller à lui, ceci constituerait une situation absurde. Dieu nous aurait faits pour Lui et nous passerions notre vie à faire des choses qui nous détournent de Lui. La Création serait vraiment faite de travers. Et en fait, n’est-ce pourtant pas ainsi souvent que nous avons l’impression que sont les choses. Il nous semble qu’il y a une incompatibilité entre les occupations qui nous absorbent et une vie d’union à Dieu. Tant que nous raisonnons ainsi, nous sommes certainement dans le faux. Si une chose est certaine, c’est que c’est dans notre vie, telle qu’elle existe, que nous avons à trouver Dieu.
Il n’y a qu’un problème. Un seul. Et le problème est celuici. Toutes choses sont faites pour nous conduire à Dieu. En fait, la plupart des choses nous détournent de Lui. La seule question est de faire que les choses qui nous détournent de Dieu deviennent des moyens de nous conduire à Lui. Toute la question est là. C’est nous, par le mauvais usage que nous faisons des choses, qui en faisons des obstacles entre Lui et nous; et donc, il n’y a pas d’autre problème que de transformer ces réalités mêmes, qui sont celles de notre vie quotidienne, d’obstacles en moyens. Toute la vie spirituelle ne consiste qu’en cela. Tout l’itinéraire spirituel va du moment où les choses sont des obstacles jusqu’au moment où elles sont redevenues des moyens. Et c’est là alors où nos activités temporelles, où nos activités terrestres deviennent la matière même, peut-on dire, de l’exercice pour nous de la vie spirituelle, des moyens, d’aller à Dieu. A ce moment nous avons retrouvé l’unité de notre vie. Cette journée qui peut se passer dans la banalité la plus totale, c’est-à-dire absorbée par l’aspect purement humain des tâches et qui peut me laisser le soir cette espèce de vide affreux, il dépend de moi de la transfigurer par le miracle du cœur et de lui conférer une sorte de substance incorruptible.
Il faut écarter ici les faux problèmes et les faux prétextes. Il faut dépasser le plan des difficultés purement intellectuelles. Il faut atteindre le fond même de la question. Ce fond des choses, c’est que nos êtres sont en marche vers Dieu et doivent s’efforcer de le déchiffrer à travers toutes choses. Il est caché partout dans notre vie. C’est nous qui ne savons pas le découvrir. Je pense à ce bienheureux Pierre Favre, ce compagnon de saint Ignace, qui avait ce don merveilleux de faire de toutes choses, comme il le disait, des modes d’oraison. « Quand tu traversais des montagnes, des champs, des vignes, des modes d’oraison se présentaient à toi, pour demander l’accroissement et l’accomplissement de ces biens. Tu rendais grâce au nom des possesseurs, tu demandais pardon pour ceux qui ne savent pas reconnaître en esprit ces biens. » Voilà des modes d’oraison pour un voyageur. Nous pouvons si bien laisser notre esprit divaguer ici dans des choses inutiles et vaines, rejeter, reprendre indéfiniment cet hebdomadaire dont nous aurons fini par lire jusqu’à la dernière ligne de réclame et avoir l’impression que nous avons stupidement occupé notre temps. Le Bienheureux Favre faisait au contraire de ces paysages qui se déroulaient sous ses yeux autant de modes d’oraison.
C’est finalement à ce fond que toutes choses aboutissent. Nous savons très bien que paroles et phrases sont vaines si elles ne rejoignent pas ce domaine de la conversion du cœur et de l’expérience intérieure. Quelquefois nous sommes attirés par ces Hindous qui nous apparaissent comme possédant les secrets de je ne sais quelle sagesse. Mais pourquoi chercher si loin, au-delà des mers, quand cette sagesse est à notre portée, quand il dépend après tout de nous seuls de trouver cette paix. Et cela non pas dans je ne sais quelle évasion en dehors de nos tâches terrestres, mais simplement dans un certain regard renouvelé que nous portons sur elles en les recevant de Dieu et en les Lui rapportant. Il n’y a pas d’autre secret à l’existence et ce secret est proche de nous.